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Le Village Gaulois

Entrée du Village Gaulois à Pleumeur-BodouEn ce mois d’août 2012, par une journée ni trop chaude, ni trop fraîche, c’était le moment pour emmener les enfants visiter le village gaulois. Celui-ci se trouve à Pleumeur-Bodou, juste à côté du planétarium de la cité des télécoms et du parc du radôme. A dix minutes en voiture de l’Ile-Grande, en prenant la direction Pleumeur-Bodou au carrefour de Penvern. Sur place les parkings ne manquent pas, aucun problème pour y stationner.Cygnes à l’entrée du Village Gaulois

Cygnes et canards accueillent les visiteurs, sur le lac situé à l’entrée. Quelques menhirs décoratifs et l’histoire de ces mégalithes sont là pour vous plonger immédiatement dans l’ambiance… et démonter aussi, tout de suite, une croyance encore fortement répandue : non ! les menhirs ne datent pas des gaulois, ni même des premiers peuples celtes…

Menhir décoratif devant le Village GauloisLe menhir de Saint-Uzec, par exemple, situé à Penvern, a été daté de la fin du néolithique, soit -2 500 ans avant JC. L’arrivée des Celtes ne remonte qu’entre -700 et -52 avant JC, soit à l’âge de fer. Il est Le menhir de 14 tonnes érigé au centre du village en 1996.donc faux d’attribuer ces mégalithes à ce peuple, ils étaient là bien avant lui.

Un petit film est projeté en boucle sur ce sujet dans l’école du village gaulois, il montre également comment fut érigé, en 1996, le menhir de 14 tonnes du village, selon les techniques ancestrales, avec le seul recours aux matériaux et outils disponibles à la fin de l’ère néolithique, et surtout à beaucoup d’imagination, de persévérance et d’huile de coude…

Le Village Gaulois, c’est le plaisir des yeux, une découverte, et des jeux pour les enfants. Le mieux est de vous le montrer en images. Voici donc une petite galerie de photos souvenirs avec les bâtiments construits comme nos ancêtres le faisaient et les activités qui occuperont petits et grands, tout en leur apprenant bien des choses utiles. La promenade étant aussi riche sur le plan culturel que sur le plan ludique, c’est une excellente occasion pour les écoliers de préparer la rentrée scolaire tout en s’amusant.

L’entrée dans le village vue de l’intérieur avec chemin et lac.
L’entrée dans le village vue depuis l’intérieur avec allée et lac.

 Une vue aérienne du village avec le diaporama de sa biodiversité.
Une vue aérienne du village avec le diaporama de sa biodiversité.

Sauvez le gaulois !
Sauvons le gaulois de la noyade en visant avec le serpent du lac…

Aire de départ des barques sur le lac.
Une des deux aires d’embarquement sur les barques du lac.

Au siège d’Alésia, un autre scénario aurait pu sauver Vercingétorix…
A Alésia, un autre scénario aurait-il pu sauver Vercingétorix…?

 Tour de guet    Labyrinthe
Tour de guet                                       Labyrinthe

Saurez-vous sortir du labyrinthe…?
L’entrée du labyrinthe : saurez-vous en sortir…?

 La cuisine
La cuisine, ancêtre de nos barbecues.

Le jardin du Druide
Le jardin des plantes du Druide.

La cabane du Druide
L’atelier du Druide

 L’atelier du bouilleur de sel
L’atelier du bouilleur de sel

 Moins risqué que la téléportation, le Village Gaulois fait remonter le temps.
Moins risqué que la téléportation, le Village Gaulois fait remonter le temps.

Histoire et jeux historiques
Tout au long du parcours l’histoire est omniprésente et racontée en photos et en images. Des jeux historiques ponctuent la promenade et permettent aux enfants (et aux adultes…) de vérifier et parfaire leurs connaissances.

Statue     Ruisseau et statue
Statues et ruisseau agrémentent la visite du village gaulois.

 Le coup du menhir
De nombreuses animations originales, comme ici « le coup du menhir »,
attirent l’attention des plus jeunes comme des plus âgés.

Tirer la corde
Il faut tirer la corde fort pour ne pas gagner un rafraîchissement…

 Un second embarcadère pour les barques
Un second embarcadère permet départs et arrivées des barques.

Ecole du village africain
L’école du village africain

Vocation humanitaire du village
Le village gaulois n’est pas qu’une animation touristique, au-delà de cet aspect, sa vocation est humanitaire et lui permet de venir en aide aux populations africaines démunies. Un petit film projeté en boucle dans l’une des cases du village africain explique parfaitement tout ceci. Une raison de plus, s’il en fallait, pour ne pas hésiter à lui rendre une visite familiale qui aura des effets bénéfiques jusqu’en Afrique.

Coordonnées : Le Village Gaulois – Cosmopolis, 22560 Pleumeur-Bodou – 02.96.91.83.95 – contact@levillagegaulois.org

Pour plus de renseignements : http://www.levillagegaulois.org

Allée couverte de Keryvon

Cette allée couverte est visible au bord de la route du littoral, la D788, entre L’Ile-Grande et Landrellec, au lieu-dit Keryvon peu après Penvern. Elle est datée de 2.500 ans avant J-C. et ne comporte plus qu’une seule dalle de couverture. La chambre funéraire devait mesurer environ 7 mètres, mais derrière la dalle plate de couverture ne subsistent aujourd’hui que des restes de piliers ou de dalles écroulées. Les autres dalles ont dû être débitées, malheureusement, sans aucun respect pour les vestiges de nos ancêtres. Voici ce qu’il reste aujourd’hui de cette sépulture :

Keryvon Allée Couverte
La dernière dalle de couverture de l’allée couverte de Keryvon.

Keryvon Allée Couverte restes de piliers
Restes de piliers et dalle écroulée sur l’arrière du dolmen.

Keryvon Allée Couverte intérieur
L’intérieur de l’allée couverte, du moins ce qu’il en reste !

Keryvon Allée Couverte vue depuis l’arrière
Vue de l’arrière, restes de piliers et dalles débitées.

Le menhir de Saint-Uzec – Kalvar Zant Uek

Le menhir de Saint-Uzec, « Kalvar Zant Uek » en breton, est situé à Penvern, entre l’Ile-Grande et le bourg de Pleumeur-Bodou. Ce mégalithe est d’une taille assez impressionnante : 7,5 mètres de haut, 3 mètres de large à sa base, environ 60 tonnes ! Il fut érigé entre 5.000 et 4.000 ans avant J-C et a la particularité d’avoir été christianisé au XVII° siècle. C’est là l’origine de l’iconographie et de la croix situées sur la partie haute du menhir côté Sud et qui en fait l’un des monuments parmi les plus étonnants de Bretagne.

Menhir de Saint-Uzec
Le célèbre menhir de Saint-uzec, à Penvern, entouré d’un muret,
« Men » = pierre et « Hir » = haut en breton, d’où la traduction « pierre levée« .

Sa christianisation a été faite lors d’une mission du Père jésuite Maunoir dans le Trégor en 1674. A cette époque l’Eglise considérait les mégalithes comme des idoles païennes devant être détruites. Le site de la Paroisse de Pleumeur-Bodou en décrit l’iconographie de la façon suivante : « Sur la face sud une série d’objets a été sculptée dans la pierre : ce sont les instruments de la Passion. A gauche et à droite la lune (la mort) et le soleil ( la résurrection). A gauche on voit une lance et un bâton qui évoquent l’arrestation auxquels correspondent, à droite, une lance et un roseau portant l’éponge. Entre les deux, l’aiguière et une main rappellent le geste de Pilate, puis, une femme à genoux, et, sous elle, le voile de Véronique. Le coq du reniement de saint Pierre est juché sur la colonne de la flagellation. Une échelle évoque la descente de croix. De chaque côté on voit les deux fouets. En dessous, et de gauche à droite, l’épée de saint Pierre qui trancha l’oreille de Malchus, le serviteur du grand prêtre, une lanterne nous mène à l’arrestation, au jardins des Oliviers, puis des tenailles et un marteau sous lesquels se trouve les deniers de Judas. Sur la dernière ligne enfin, la tunique sans couture, les dés qu’utilisèrent les soldats romains pour tirer au sort les vêtements du Christ, les trois clous. La tête de mort est celle d’Adam : une légende, en effet, rapporte que celui-ci fut enterré sur le Golgotha. Sous l’échelle, deux os croisés pourraient signifier la descente aux enfers.« 

 Iconographie du menhir Saint-Uzec
Sculptures de christianisation « arma christi » et
Christ en croix au sommet du menhir Saint-Uzec.

Ces sculptures étaient peintes à l’origine, tout comme un Christ en croix en dessous, et étaient encore visibles jusqu’au début du XX° siècle. Depuis les intempéries ont effacé les peintures.

Ancienne carte postale de 1920 avec les peintures
Ancienne carte postale début XX° siècle montrant
les sculptures peintes et un Christ en croix dessous.

Encore une autre originalité de ce menhir : les sillons verticaux creusés dans la partie haute du menhir sur sa face Nord. Ils font penser à une mante de deuil. L’érosion a creusé ces sillons mais on ne saurait dire s’ils sont naturels ou bien s’ils ont été taillés à l’origine. Dans ce dernier cas l’érosion n’aurait fait qu’amplifier leur creux.

 Menhir de Saint-Uzec - côtés Sud et nord
Face Sud                                             Face Nord

Quelques légendes entourent de mystère ce beau monument, nous y reviendrons…

Ty Lia : le Dolmen de l’Ile-Grande

L’Ile-Grande possède son mégalithe : le Dolmen Ty Lia. Cette allée couverte datant du néolithique mesure 8,5 mètres de long sur 1,60 mètre de large. Elle est située rue du Dolmen (évidemment…!), à peu près à égale distance du sentier des douaniers au Nord et de la rue du Roi Arthur au Sud qui mène du centre ville à Pors Gélen ; pas très loin du rocher du Lion qui marque le sommet de l’Ile-Grande :

 Ile-Grande - emplacement de Ty Lia

Ty Lia est en granite de l’Ile-Grande, elle s’ouvre vers l’Est et comprend un vestibule composé de 2 dalles au Nord (plus visible aujoud’hui), la chambre funéraire est bordée de 2 parois parallèles composées de 4 piliers au Nord et 5 au Sud. La hauteur des dalles varie de 1 à 1,40 mètre. Le mégalithe est recouvert par 2 grandes tables. La plus grande à l’Est mesure 4,50 sur 2,50 mètres pour 25 cm d’épaisseur.

Ile-Grande Ty Lia Est
Dolmen Ty Lia : entrée côté Est
surmontée de la plus grande des 2 tables.

Ile-Grande Ty Lia Ouest
Dolmen Ty Lia : vue de l’arrière côté Ouest, le tertre central est
entouré de dalles hautes formant une paroi intermédiaire de renfort.

Ile-Grande - Ty Lia - Intérieur
L’intérieur du Dolmen Ty Lia : la chambre funéraire.

Quatre campagnes de fouilles ont été effectuées en 1866, 1868, 1909 et 1910 ; elles ont permis de mettre à jour 4 haches polies, des éclats de silex, des tessons décorés, de la poterie noire et un disque de bronze (perdus depuis…).

Dans la série « instruisons-nous« , le mot « dolmen » a été constitué à partir des deux mots bretons taol ou tol qui signifie « table » (du lat. tabula) et mean ou men « pierre » (du lat. moenia « muraille »), soit table en pierre, dont la composition normale en breton aurait dû donner taolvean ou tolven ce qui a fini par donner dolmen en français.

Témoignage : une vieille femme, née en 1800, racontait à la fin du 19ème siècle que des lépreux, dans les temps anciens, avaient habité le dolmen de l’Île Grande. On leur donnait à manger avec une fourche.

Légende :  le dolmen était habité par des « Kornandounezed« , des naines, qui aiment les nuits de pleine lune, à danser avec les passants ; si l’on s’exécute de bonne grâce, elles vous remercient très galamment, vous annoncent que vous aurez un garçon et qu’il n’y aura pas besoin, pour sa naissance d’aller chercher une sage-femme.

(source)