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Archive de la catégorie Histoire

Le sous-réseau B/O Bretagne du réseau ALIBI

Cet article est la suite de l’article : Hommage au réseau ALIBI à Pors Gelen que je vous conseille de lire en premier.

Plaque Pors Gelen Réseau Alibi
Plaque commémorative en hommage
au Réseau ALIBI à Pors Gelen.

Le sous-réseau B/O Bretagne

En décembre 1943 Georges Charaudeau, fondateur du réseau ALIBI, revient de Londres avec pour instruction de rechercher un point adéquat en Normandie ou en Bretagne afin de mettre en place une liaison maritime avec l’Angleterre. Il confie cette mission à Pierre Lallart, surnommé “Paul, indicatif BO”. Ce dernier avait conservé dans ses contacts de l’Armée de l’Armistice le nom de Jean Pezron, maréchal des logis chef résidant à Lannion,. Pierre Lallart, pourtant démuni des papiers nécessaires pour accéder à la zone côtière interdite, s’y rendit en train et descendit à contre voie en gare de Lannion pour passer outre les contrôles. Il trouva Jean Pezron qui l’accueillit chaleureusement. Après des explications sommaires sur la mission ce dernier l’accompagna à l’Ile-Grande où il connaissait pas mal de monde. Là il rencontra François Le Goff qui le présenta à Anastase Briand, marin exerçant dans le commerce des lichens. Ce dernier permettant à Pierre Lallart de rencontrer le maire de Pleumeur-Bodou qui fit de lui un représentant de commerce spécialisé dans les algues et lichens afin de pouvoir circuler librement sur la côte.

Choix de l’île Canton

Dès lors la tournée de reconnaissance put débuter et dura une quinzaine de jours. Les résultats des recherches furent envoyés aux anglais début janvier 1944. Ces derniers, après plusieurs reconnaissances aériennes et analyse des sites, choisirent celui de l’île Canton à l’Ile-Grande comme base secrète de liaison maritime. La première opération maritime fut programmée mi-février. Pour superviser l’opération Georges Charaudeau vint rejoindre Pierre Lallart à l’Ile-Grande. Le QG fut installé au 1er étage de la maison de la famille Briand qui tenait commerce d’un bar-tabac-alimentation. Les familles Briand, Le Goff, Lampallaer et Vallée, sous la coupe de Tassick Briand, responsable local, allaient être au centre du dispositif mis en place pour les opérations maritimes, l’hébergement des agents, les postes de radios et le dépôt du matériel. Les opérations GLOVER pouvaient commencer.

La première tentative de liaison maritime eut lieu le 15 février 1944 mais elle échoua à cause du mauvais temps. Georges Charaudeau dut repartir vers Paris et laissa les commandes des opérations à Pierre Lallart. L’opération suivante du 23 février 1944 fut réussie avec la livraison d’émetteurs récepteurs pour communiquer avec les vedettes des opérations suivantes. Les appareils furent cachés dans les bottes de lichens du hangar de la famille Briand. D’autres opérations réussirent ensuite depuis l’île Canton mais en avril 1944 une liaison faillit se terminer en catastrophe car les allemands avaient renforcé leur dispositif à cause d’un attentat de la Résistance locale. L’île Canton s’avérant alors trop dangereuse et un piège pour l’équipe d’ALIBI car accessible uniquement à marée basse. A partir de ce moment il fut décidé d’opérer depuis Pors Gelen.

Carte opérations GLOVER réseau ALIBI
Carte montrant les 2 sites de contact du Réseau BO Bretagne avec
les vedettes rapides britanniques de la flottille n°15 de la Royal Navy :
l’île Canton de février à avril 1944 puis Pors Gelen jusqu’en août 1944.

Missions depuis Pors Gelen

Pors Gelen s’avéra plus propice aux opérations car l’équipe pouvait se déplacer à terre en longeant la côte à l’abri des regards des sentinelles allemandes. De plus la maison de la famille Vallée, située à proximité, était un lieu de rassemblement idéal avant et après chaque mission. Deux radios, opérateurs dans la marine et recrutés par Tassick Briand, sont venus renforcer le réseau : Isidore Duval, qui officia à l’Ile-Grande, et Yves Daniel qui devint le radio personnel de Pierre Lallart.

Dans le même temps, début 1944, le réseau B/O Bretagne fut étendu de Brest au Mont-Saint-Michel pour sa partie côtière et jusqu’à Rennes dans les terres. Il disposait d’une cinquantaine de membres enregistrés. De nombreux renseignements, très précieux, furent obtenus et transmis via les liaisons maritimes du réseau : mouvements et défenses côtières de l’armée allemande, détails sur la station radar de La Clarté, informations sur les bases de lancement de V1 et V2, etc. Londres félicita le réseau pour tout ces renseignements vitaux.

Le débarquement allié

Lors de la dernière mission avant le débarquement allié, le 24 mai 1944, Pierre Lallart fut informé par les anglais, en la personne du major Whitlaw, que le débarquement aurait lieu dans une semaine. Il était temps car la situation s’aggravait en France avec de nombreuses arrestations. Au cours de la même mission Pierre Lallart reçu des anglais une liasse de billets de 1.000 francs avec le numéro coupé dans un angle et conservé par les britanniques, cela devait servir de reconnaissance après le débarquement pour les agents du réseau B/O Bretagne.

Suite aux instructions reçues Pierre Lallart dut aller dans le Sud-Ouest sur les arrières de l’ennemi. Il confia alors la direction du réseau local à Guy Lemoine, alias “Jean”, ancien commissaire de police, son adjoint en Bretagne depuis avril 1944. Ce dernier fut assisté par Raymond Laporterie, lieutenant de gendarmerie, qui réussit à photographier pour les anglais les défenses côtières ennemies depuis un canot en mer alors même que la navigation touristique était interdite. Après le débarquement d’autres missions furent menées par le réseau B/O Bretagne jusqu’au 5 août 1944.

Une mission type

Du côté anglais ces missions secrètes et spéciales étaient réalisées par les canonnières de la 15° flotille de la Royal Navy. Voici comment se déroulait une mission type racontée par Michel Guillou : “par nuit sans lune en tenant compte des conditions de marée, la vedette partait en général vers 16 H de Dartmouth pour arriver tard dans la soirée sur les côtes de Bretagne, elle mouillait au large à environ un mile, en se dissimulant si possible derrière des roches, le canot appelé ” surf boat ” était mis à l’eau. Il était armé par deux rameurs et un officier de la vedette (en général le second) puis de l’officier traitant représentant le service qui avait demandé la mission. Le canot, en contact radio avec la vedette approchait silencieusement de la côte. L’identification se faisait par signaux lumineux ou radio depuis la terre. Le canot ne restait pas accosté plus de 15 minutes et ne devait pas quitter la vedette plus de 1 h 30. De très bonne heure, celle-ci regagnait l’Angleterre, pour arriver vers 8 h au port où l’équipage la nettoyait et faisait le rapport de mer avant de prendre un repos bien mérité. Bien souvent une autre mission les attendaient la nuit suivante sur un autre point de la côte bretonne : Plouha, Beg an Fry, etc.“.

Vedettes américaines à l’Ile-Grande

A la demande des services secrets américains, l’O.S.S., les alliés créèrent en avril 1944 une flottille de 3 vedettes rapides américaines, la “Patrol Team” (PT71, PT72 et PT199) commandée par le lieutenant commander John D. Bulkeley. L’entraînement aux opérations de récupération et débarquement d’agents en France débuta le 24 avril 1944 à Dartmouth. La première mission de cette flottille fut menée dans la nuit du 19 au 20 mai 1944 à l’Ile-Grande avec la vedette rapide PT71. Malheureusement elle ne put avoir le contact avec les agents à cause d’un problème s’étant produit à terre et la mission échoua. Quelques jours plus tard la seconde mission fut un succès avec la vedette PT72. C’était l’ultime mission avant le débarquement de Normandie, mais celui-ci ne stoppa pas les opérations et d’autres suivirent. Cette flottille américaine participa à 19 missions sur les côtes françaises et pris part au débarquement de Normandie la nuit du 5 au 6 juin 1944. Les vedettes britanniques prirent le relais jusqu’à la fin des missions en août 1944.

 

 


Sources : 1 - 2

Les détails sur les opérations GLOVER du réseau ALIBI et du sous-réseau B/O BRETAGNE ont été rassemblés 50 ans plus tard par Michel Guillou, historien trégorrois et Sylvaine Baerhel, étudiante en histoire qui ont reconstitué l’aventure, injustement ignorée, du réseau Alibi.

 

Hommage au réseau Alibi à Pors Gelen

Pour rendre hommage au courage des membres du réseau de renseignements “Alibi“ lors de la seconde guerre mondiale, une plaque commémorative a été installé sur un menhir. Ce dernier est situé sur le sentier des douaniers, au bord de la plage de Pors Gelen et à côté de la Base Nautique de l’Ile-Grande (BNIG).

Gravée en lettres d’or sur une plaque de granit rose polie, on peut y lire cette dédicace :

“En ce lieu, de janvier à août 1944, les officiers
et marins des canonnières de la flotille N°15
de la Royal Navy vinrent chercher les précieux
documents recueillis dans toutes la France, au
péril de leur vie, par les membres du réseau
de renseignements ALIBI des Forces
Françaises Combattantes.
De leur courage renaîtra notre liberté.
”

Hommage au réseau de renseignements ALIBI

 

Histoire du réseau ALIBI :

Le réseau ALIBI a été créé par Georges Charaudeau, c’était un réseau de renseignements de la résistance intérieure française qui a officié de 1940 à 1944.

Georges Charaudeau, homme aux convictions de droite (démocrate-chrétien), collaborait avec les services spéciaux français depuis 1936. Voulant rejoindre l’Angleterre via l’Espagne lors de l’invasion allemande de juin 1940, le chef des services secrets anglais suggère à Georges Charaudeau de faire plutôt du renseignement de l’intérieur, ce qu’il accepte. Le 1er juillet 1940, comme couverture de son réseau il monte une maison de couture à Madrid, le réseau ALIBI est né.En août 1940 Georges Charaudeau vient clandestinement en France pour organiser et largement étendre le réseau de renseignement. Il fera appel à un diplomate de l’ambassade des Etats-Unis en poste à Vichy pour le transport des informations, documents et fonds via la valise diplomatique.

Le réseau subit ses premières pertes humaines en octobre 1941. Le 21 mars 1942 Georges Paulin (ancien animateur du réseau de renseignement PHILL de novembre 1940 à novembre 1941) est fusillé au Mont-Valérien. Le 24 mars 1942 cinq autres agents y sont également exécuté et deux autres déportés en Allemagne, dont une femme. Les allemands exigent alors de l’Espagne l’expulsion de Georges Charaudeau. Ce dernier, au lieu de rejoindre la France libre comme de nombreux résistants, choisira de rentrer clandestinement en France en mai 1942.

De nombreux sous-réseaux alimentaient le réseau ALIBI en informations destinées aux alliés ; parmi ceux-ci le réseau KLAN qui remontait les informations des membres du Parti Social Français. Après novembre 1942 le réseau se renforce et intègre de nombreux cadres de l’Armée de l’Armistice. En avril 1944 le réseau ALIBI intègre à son tour le réseau Maurice suit à de nombreuses pertes subies par celui-ci.

Concernant l’Ile-Grande le réseau ALIBI, via son sous-réseau “B/O Bretagne”, y mettra en place début 1944 des liaisons maritimes par vedettes avec l’Angleterre. Il y aura au total 11 liaisons et tentatives de février à août 1944.

Pour la suite de l’histoire du réseau ALIBI à l’Ile-Grande lisez l’article suivant sur le blog en suivant ce lien : Le sous-réseau B/O Bretagne du réseau ALIBI…

 

 


Sources : 1 - 2

 

 

Ruines de Toul ar Staon

A l’ouest de l’Ile-Grande, à l’extrémité de la pointe sud de Toul ar Staon, à proximité du sentier des douaniers (GR34) et à l’ouest du tobrouk de mitrailleuse, se trouvent les ruines d’une habitation construite en partie en pierres de taille et en partie en pierres smillées. A l’origine ce bâtiment fut bâti au XIX° siècle par les goémoniers. Leurs familles les occupaient. Cette construction comporte trois corps de bâtiment. A la fin du XIX° et au début du XX° siècle elle a servi d’abris pour les ouvriers des carrières qui travaillaient sur la pointe de Toul ar Staon. Une forge et une ancienne citerne y sont encore visibles. Dans les années 1930 elle a été transformée en auberge de jeunesse.

Sa transformation a l’état de ruines date de la seconde guerre mondiale lors de l’occupation allemande de l’Ile-Grande. Les artilleurs allemands installés sur la cale de ce qui est devenu le port Saint-Sauveur s’entrainaient à tirer sur cette construction ! Malheureusement, il semblerait que les indemnités reçues de l’Allemagne après la fin du conflit au titre des dommages de guerre n’ont pas été utilisées pour reconstruire ce bâtiment mais la nouvelle auberge de jeunesse de Kerléo en Trébeurden. Dommage…

Faisons le tour en image de cette maison détruite dont les vestiges marquent le paysage de façon originale :

Ruines de Toul ar Staon vue depuis Toul Enez
Les ruines d’habitations de Toul ar Staon vues depuis la baie de Toul Enez.

Ruines de Toul ar Staon avec muret côté Sud
Muret qui entourait la construction encore bien visible au Sud.

détail du muret de la maison détruite
Détail du muret entourant les ruines.

Ruines de Toul ar Staon angle Sud-Est
Angle Sud-Est de la maison détruite.

Ruines de Toul ar Staon pignon Est
Pignon Est avec pierres taillées aux angles et smillées au centre.

 Ruines de Toul ar Staon vue Nord-Est
Vue Nord-Est avec la baie de Toul Enez et l’île Canton en arrière-plan.

face nord maison détruite
Côté Nord des 3 bâtiments avec la citerne à droite devant le 3ième.

citerne maison détruite
Vue de la citerne de la maison détruite.

Ruines de Toul ar Staon vue nord du bâtiment ouest
Vue du bâtiment Ouest depuis le Nord avec le mur de
la citerne à gauche et les restes de la cheminée en pignon à droite.

 Ruines de Toul ar Staon côté Ouest
Angle Nord-Ouest avec la citerne à gauche.

Ruines de Toul ar Staon angle Sud-Ouest
Angle Sud-Ouest du bâtiment le plus à l’Ouest comportant
une cheminée en pignon. Cette construction mesure
9 mètres de long sur 5 mètres de large.

Ruines de Toul ar Staon angle Sud-Ouest du bâtiment central
Angle Sud-Ouest du bâtiment central qui mesure
12 mètres de long sur 5 mètres de large.

Ruines de Toul ar Staon bâtiment Est
Bâtiment Est des ruines mesurant 7 mètres de long sur 4 mètres de large.

 

A propos du granite et des carrières de l’Ile-Grande

Cet article regroupe des anecdotes, précisions, et informations diverses sur l’activité des carrières de l’Ile-Grande, il sera régulièrement complété à chaque découverte d’élément nouveau pouvant s’inscrire dans ce thème.


Extrait d’un article d’Ernest Renan publié dans la Revue des Deux Mondes du 15 août 1889 :“Vis-à-vis de la côte de Bretagne où j’écris ces lignes, j’ai vu dans mon enfance une île, l’Ile Grande qui a maintenant presque disparu. C’est M. Haussmann qui l’a fait disparaître ; les masses de granit qui la composaient forment à l’heure qu’il est les trottoirs des boulevards de Paris construits sous le Second Empire..”En effet, les pavés de la ville de Paris (et d’ailleurs) sont faits de granite de l’Ile Grande, extrait dans les années 1850-1860.

Quelques réalisations en granite de l’Ile Grande :
  • l’école de Trébeurden
  • les quais de Lorient, St-Brieuc, Granville et Rouen
  • le fronton du Palais de Justice de St-Brieuc
  • la gare et l’aqueduc de St-Brieuc
  • le port du Légué
  • l’église et le beffroi de Lannebert
  • les bordures de trottoirs de Dijon
  • le port de Boulogne
  • le viaduc de Lézardrieux (22)
  • les phares de l’Ile Louët et les Héaux de Bréhat
  • le tombeau de Jean V en la cathédrale de Tréguier

Extrait de “La légende de la mort” d’Anatole Le Braz : La Légende de la Mort - A. Le Braz
  • “Marie-Job Kerguénou, commissionnaire à l’Ile Grande, en breton “Enes-Veur” qui se rendait une fois la semaine, le jeudi à Lannion, pour le marché, dans une charrette à demi “déclinquée”, attelée d’un pauvre bidet nommé Mogis. Elle avait aussi mission d’aller quérir la provision de tabac (le tabac-carotte) aux bureaux de la Régie pour approvisionner Clauda Le Goff la marchande de tabac, sa meilleure cliente.”
  • “Ils sont là, pour le moins, au nombre de trois ou quatre cents qui travaillent la roche pour en faire de la pierre de taille, et ce ne sont pas des gaillards commodes tous les jours, comme vous pensez, surtout qu’il y a parmi eux autant de normands que de bretons… Ils étaient des gens à mettre sa boutique à sac s’il advenait que son débit, le seul de l’île, ne leur fournît pas ce dont ils avaient besoin.”

Le livre La légende de la mort a été réédité en juillet 2011 par les éditions Archipoche.
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Anciennes cartes postales représentant
l’extraction du granite dans les carrières
de l’Ile-Grande sur Kastell Erek

 Ile-Grande - Carrières

Ile-Grande - Carrières Watelet 1

 Ile-Grande - Carrières Watelet 2


Sources : 1 - 2


Photos des fronts de taille des carrières

Les traces de taille des carrières ont produit des parties planes sur les blocs de granite naturellement formés autrefois. Ces fronts de tailles sont restés en l’état lors de l’arrêt de l’extraction du granite et ont ainsi créé des silhouettes granitiques parfois étonnantes et souvent impressionnantes. En voici quelques photos prises au hasard de mes promenades sur l’Ile-Grande.

Pointe Sud de Toul ar Staon

Fronts de taille verticaux

front de taille devant lpo
Juste après la cassure de la pointe (LPO au fond).

front de taille pointe toul ar staon
Presque arrivé au bout de la pointe de Toul ar Staon.

 

Fronts de taille inclinés

double front de taille incliné
Double front de taille incliné.

front de taille bain de soleil
Beau solarium de granite.

Granite erodé et taillé
L’extrémité de la pointe de Toul-ar-Staon.

Les grandes dates de l’histoire de l’Ile-Grande

Cet article sera complété au fur et à mesure de mes découvertes de faits marquants et datés concernant l’Ile-Grande. Si vous disposez d’informations fiables pour compléter cet historique n’hésitez pas à m’en faire part via les commentaires, ce sera vérifié puis ajouté au calendrier.

Le développement de l’Ile-Grande étant intimement lié à l’essor, puis au déclin, de l’exploitation des carrières de granite j’ai intercalé dans ce calendrier historique tous les événements relatifs aux carrières que j’ai pu trouver datés. Ceci expliquant cela dans bien des cas.

CALENDRIER HISTORIQUE DE L’ILE-GRANDE

  • - 2 milliards d’années : constitution du socle ancien du massif armoricain du Trégor (gneiss icartien de Trébeurden)
  • - 615 millions d’années : formation du granite cadomien de Perros-Guirec
  • - 300 millions d’années : formation du massif granitique dit de La Côte de Granit Rose “Aod ar Vein Ruz” qui s’étend de Ploumanac’h “Poul Manac’h“, la mare au moine, (plus précisément depuis l’Île Renote “Enez Renod” située au Nord de Trégastel-Plage) à l’Île Milliau “Enez Vilio” à l’Ouest de Trébeurden

XV° SIECLE

  • 1463 : 190 pierres de taille sont extraites et taillées à l’Ile-Grande pour la construction de la cathédrale de Tréguier

XVIII° SIECLE

  • 22 février 1790 : la révolution déclare Pleumeur-Bodou commune indépendante

XIX° SIECLE

  • 1827 : 1ière délibération du Conseil Municipal de Pleumeur-Bodou concernant l’extraction du granite à l’Ile-Grande
  • 1832 : construction du quai de Pontrieux avec des pierres en granite de l’Ile-Grande
  • 1836 : 7 tailleurs de pierre - carriers - dénombrés à l’Ile-Grande
  • 5 septembre 1842 : 1ière concession d’extraction de granite sur 9 ans accordée sur l’île de Toul an Stann à Monsieur Brinterc’h (fendeur de pierres)
  • 1844 : 9 marchands de pierres sont dénombrés sur l’Ile-Grande
  • 1850 : l’apogée des carrières à l’Ile-Grande
  • 1859 : exportation du granite local jusqu’à Paris
  • 1861 : 434 habitants - dont 29 carriers - recensés à l’Ile-Grande
  • 1861 : 1ière concession d’extraction de granite sur 9 ans accordée sur l’île Losquet à Monsieur Brinterc’h
  • 1864 : édification du phare des Triagoz grâce aux gisements de granite déjà en exploitation
  • 1866 : 28 carriers recensés à l’Ile-Grande
  • 1872 : 29 carriers recensés à l’Ile-Grande
  • 2 décembre 1875 : 1er arrêté réglementant l’accès aux gisements de granite
  • 1876 : 28 carriers recensés à l’Ile-Grande
  • 1882 : 29 carriers recensés à l’Ile-Grande
  • 15 février 1883 : débarquement à l’Ile-Grande d’Alexandre Godel et de son frère Pierre, sa belle-sœur et quelques nièces avec leur matériel de taille de pierres
  • mai 1883 : Casimir Belloir, beau-frère d’Alexandre Godel, arrive aussi à l’Ile-Grande ; toute la famille des “normands” est venue de l’île Chausey (près de Granville) où le travail commençait à manquer ; leur intégration fut difficile au départ car les Île-Grandais ne parlaient que breton et les appelaient “les Français” ; c’est pourtant cette famille de tailleurs de pierres qui leur apporta des outils qui furent rapidement adoptés par les carriers, la “chante-perce” et le “coin rond“, au détriment des coins plats qui fendaient incomplètement la pierre et produisaient beaucoup de déchets
  • 1886 : 65 carriers recensés à l’Ile-Grande
  • 1887 : l’Île Renard est affermée à Jacques Le Gall
  • 1888 : une concession est accordée à Louis Le Loët à l’Île Agathon (Canton)
  • 1891 : construction de la cale de Port-Gélin
  • 1895 : construction du pont reliant l’Ile-Grande au continent sous l’impulsion d’Alexandre Godel, en particulier pour faciliter le trajet des ouvriers vers les carrières et permettre le transport du granit par voie terrestre ; cette même année le Conseil Municipal de Pleumeur-Bodou rappelle que sur l’Île au Corbeau il est possible à chacun de prendre du granite
  • 1896 : 82 carriers recensés à l’Ile-Grande
  • 7 avril 1896 : location d’une maison par Joseph Conrad et Jessie, son épouse, à Mme Coadou à l’angle de la rue du Port et de l’actuelle rue Joseph Conrad
  • 4 août 1896 : fin de la location de sa maison à l’Ile-Grande par Joseph Conrad

XX° SIECLE

  • 1902 : les principales carrières sont exploitées sur l’île Fougère par la Compagnie des Carrières de l’Ouest (déjà présente sur Erquy)
  • 1905 : ouverture de la grande carrière de Kastell Erek à Toul-ar-Staon par Watelet et Compagnie
  • 1906 : pic de l’extraction du granite dans les carrières du littoral autour de l’Ile-Grande avec 300 m3 par mois, soit 800 tonnes, et 14 hectares affermés sur l’estran au point d’en faire disparaitre certains îlots dont l’île Erec’h (ancien nom : Kastell Erech) massif compact à l’époque totalement détruit par les carriers ; une centaine de tailleurs de pierre - 95 carriers - sont dénombrés à l’Ile-Grande qui compte environ 850 habitants à cette époque
  • 1907 : Watelet et Compagnie s’implante sur l’Île Fougère, menaçant ainsi l’emploi de 40 carriers indépendants ; les îles Canton et “Aux Renards” sont affermées à Eugène Le Loët et Casimir Belloir
  • 6 juin 1909 : pose de la première pierre de l’église Saint-Marc construite par les architectes Emile Genest et Claude-Joseph Lageat

  • 26 juin 1910 : bénédiction de l’église Saint-Marc
  • 1914 : les hommes sont mobilisés pour la guerre, 152 carriers sont recensés, c’est l’apogée du nombre de carriers dénombrés à l’Ile-Grande, la plupart étant des “immigrés” venants du Pays Gallo
  • 1918 : l’entrepreneur Watelet cède son entreprise à la Société Anonyme des Carrières
  • 1920 : les carrières emploient plus de 120 ouvriers, la grande carrière de Kastell-Erek emploie à elle seule une centaine d’ouvriers ; les ouvriers sont payés à la tâche ou 2 francs ou 2,10 francs à l’heure, la paye se fait le premier samedi du mois
  • 1921 : 71 carriers recensés à l’Ile-Grande
  • 9 juillet 1921 : Roïc se fâche, il n’a pas encore reçu de quoi payer les ouvriers  (“Ce n’est pas l’air seul de l’Ile Canton qui nous permet de vivre” écrit-il à Jardin au Havre qui lui achète à présent toute sa production de pavés)
  • 1922 : pénurie de main d’œvre, Roïc père ne dispose que de 2 tailleurs de pierre, Cloatre et Kerlo, alors qu’il en faudrait 20 pour honorer les commandes
  • 12 décembre 1923 : l’Ile-Grande est érigée en paroisse et obtient l’autonomie religieuse
  • 1926 : 89 carriers recensés à l’Ile-Grande ; le carrier Louis Roïc attire l’attention sur le mauvais état du quai de la carrière de l’île Canton, dangereux pour l’accostage, ce même site fournit du granite taillé pour la construction de la gare de Saint-Brieuc
  • 1930 : l’exploitation de la “Grande Carrière” est transmise de l’entreprise Gourdon à l’entreprise Madec ; Antonio Rodriguez (le “tailleur de granite” arrivé du Portugal dans les années 30) exploite la carrière de la rue des Quatre Vents qui produit du granite bleu ; des ouvriers paveurs et tailleurs de pierre quittent l’entreprise Roïc (carrière de l’île Canton) pour d’autres régions où ils trouveront de meilleurs salaires
  • 1931 : 84 carriers recensés à l’Ile-Grande
  • 1936 : grève majeure des ouvriers carriers qui aura pour conséquence la création de la Coopérative du Granit Rose dont l’activité principale se trouve à La Clarté près de Ploumanac’h
  • 1939 : la production des carrières diminue et des ouvriers commencent à quitter l’Ile-Grande pour aller travailler à Saint-Michel de Montjoie près de Vire et à Bécon-les-Granits près d’Angers
  • janvier 1944 : création du réseau de renseignement B/O Bretagne (sous-réseau du réseau ALIBI) par Pierre Allart sur la demande de Georges Charaudeau ; le QG fut installé au 1er étage de la maison de la famille Briand qui tenait commerce d’un bar-tabac-alimentation. Les familles Briand, Le Goff, Lampallaer et Vallée, sous la coupe de Tassick Briand, responsable local, allaient être au centre du dispositif mis en place pour les opérations maritimes de transmission aux alliés des renseignements collectés par le réseau.
  • 15 février 1944 : première tentative (échouée) de liaison maritime du réseau de renseignements ALIBI - B/O Bretagne avec les vedettes rapides britanniques à l‘île Canton
  • 23 février 1944 : seconde tentative (voir ci-dessus) réussie cette fois avec la livraison par les anglais d’émetteurs récepteurs qui furent cachés dans les bottes de lichens du hangar de la famille Briand
  • avril 1944 : transfert depuis l’île Canton vers Pors Gelen du lieu de contact du réseau BO Bretagne avec les vedettes britanniques suite à une mission ayant failli mal se terminer où l’île Canton se révéla être une souricière pour les agents de renseignement ; à proximité de Pors Gelen la maison de la famille Vallée servit de point de rencontre avant et après mission
  • 19 mai 1944 : première mission (échouée) de la vedette rapide américaine PT71 avec le réseau BO Bretagne, une seconde mission fut un succès avec la vedette PT72
  • 24 mai 1944 : dernière mission du réseau BO Bretagne avant le débarquement avec la remise par les britanniques de billets de 1.000 francs avec un coin coupé pour servir de moyen de reconnaissance aux membres du réseau
  • 5 août 1944 : dernière mission du réseau BO Bretagne en liaison avec les anglais
  • 1945 : Louis Roïc ouvre la carrière de l’allée couverte, c’est la plus grande des carrières de granite bleu exploitées sur le haut de l’Ile-Grande, elle comporte une grande excavation avec sa grue, une aire de stockage et de chargement sur la rue d’Enez Vran et un grand atelier de taille ; c’est Louis Roïc fils qui développe ce chantier alors qu’il travaille aussi à Kastel Erec et sur l’île Canton
  • 1946 : reconstruction du pont de l’Ile-Grande ; Antonio Rodriguez ouvre une nouvelle carrière sur l’Île-Grande même ; 5 carrières employant 25 ouvriers sont en exploitation sur le haut de l’îlee ; la Bretagne fournit à cette époque la moitié de la production française de granit

  • 23 janvier 1956 : arrêté de classement de l’allée couverte Ty Lia (ou Ty-ar-C’Horrandened) à l’inventaire des monuments historiques
  • 1960 : Louis Roïc rachète “la Grande Carrière” à l’entreprise Madec mais l’exploite peu
  • 18 mars 1967 : naufrage du supertanker Torrey Canyon entre les Cornouailles anglaises et les île Scilly, 119.328 tonnes de pétrole brut à la mer dont 85% arrivées sur les côtes bretonnes jusqu’à l’Ile-Grande

  • 1er décembre 1968 : le Journal Officiel accorde le nom “Île-Grandais” aux habitants de l’Ile-Grande
  • 1970 : 25 tailleurs de pierre sont dénombrés sur l’Ile-Grande (voir les photos sur ce blog)
  • 1971 : Antonio Rodriguez loue Bilo-Bolennec
  • 1974 : reconstruction du pont de l’Ile-Grande

  • 16 mars 1978 : naufrage de l’Amoco Cadiz

  • 1984 : ouverture de la station de la Ligue Protectrice des Oiseaux (L.P.O.) à l’Ile-Grande pour le sauvetage des oiseaux marins
  • 1989 : la “Grande Carrière” produisant le granite bleu de l’Ile-Grande est cédée par Roïc à la LPO
  • 1990 : arrêt de l’exploitation de la dernière carrière de l’Ile-Grande (la carrière Roïc au bord de la rue d’Enez Vran près de l’allée couverte)
  • 1991 : Roïc cesse l’exploitation de la carrière de l’île Canton d’où il extrayait des “blocains” (bloc de petite dimension, taillé, ou ébauché) depuis 1926
  • 1993 : fermeture officielle de la dernière carrière Roïc de l’allée couverte ; les terrains sont aussitôt vendus

Sources principales utilisées pour réaliser ce calendrier historique de l’Ile-Grande : 1 - 2

Ty Lia : le Dolmen de l’Ile-Grande

L’Ile-Grande possède son mégalithe : le Dolmen Ty Lia. Cette allée couverte datant du néolithique mesure 8,5 mètres de long sur 1,60 mètre de large. Elle est située rue du Dolmen (évidemment…!), à peu près à égale distance du sentier des douaniers au Nord et de la rue du Roi Arthur au Sud qui mène du centre ville à Pors Gélen ; pas très loin du rocher du Lion qui marque le sommet de l’Ile-Grande :

 Ile-Grande - emplacement de Ty Lia

Ty Lia est en granite de l’Ile-Grande, elle s’ouvre vers l’Est et comprend un vestibule composé de 2 dalles au Nord (plus visible aujoud’hui), la chambre funéraire est bordée de 2 parois parallèles composées de 4 piliers au Nord et 5 au Sud. La hauteur des dalles varie de 1 à 1,40 mètre. Le mégalithe est recouvert par 2 grandes tables. La plus grande à l’Est mesure 4,50 sur 2,50 mètres pour 25 cm d’épaisseur.

Ile-Grande Ty Lia Est
Dolmen Ty Lia : entrée côté Est
surmontée de la plus grande des 2 tables.

Ile-Grande Ty Lia Ouest
Dolmen Ty Lia : vue de l’arrière côté Ouest, le tertre central est
entouré de dalles hautes formant une paroi intermédiaire de renfort.

Ile-Grande - Ty Lia - Intérieur
L’intérieur du Dolmen Ty Lia : la chambre funéraire.

Quatre campagnes de fouilles ont été effectuées en 1866, 1868, 1909 et 1910 ; elles ont permis de mettre à jour 4 haches polies, des éclats de silex, des tessons décorés, de la poterie noire et un disque de bronze (perdus depuis…).

Dans la série “instruisons-nous“, le mot “dolmen” a été constitué à partir des deux mots bretons taol ou tol qui signifie « table » (du lat. tabula) et mean ou men « pierre » (du lat. moenia « muraille »), soit table en pierre, dont la composition normale en breton aurait dû donner taolvean ou tolven ce qui a fini par donner dolmen en français.

Témoignage : une vieille femme, née en 1800, racontait à la fin du 19ème siècle que des lépreux, dans les temps anciens, avaient habité le dolmen de l’Île Grande. On leur donnait à manger avec une fourche.

Légende :  le dolmen était habité par des “Kornandounezed“, des naines, qui aiment les nuits de pleine lune, à danser avec les passants ; si l’on s’exécute de bonne grâce, elles vous remercient très galamment, vous annoncent que vous aurez un garçon et qu’il n’y aura pas besoin, pour sa naissance d’aller chercher une sage-femme.

(source)

Tobrouk de mitrailleuse à Toul-ar-Staon

Pendant la guerre de 39-45 les allemands occupaient la Bretagne et ont construit de nombreux ouvrages de guerre. Pendant cette occupation la côte fut évidemment le lieu le plus surveillé dans la crainte d’une invasion des alliés. Parmi tous ces vestiges il reste à l‘Ile-Grande, entre autres, sur la pointe de Toul-ar-Staon (”la passe de l’étrave“), un bunker surmonté d’un Tobrouk de mitrailleuse (voir carte). Il est situé à peu près au milieu de la pointe rocheuse, juste avant la cassure. Endroit stratégique s’il en est puisqu’il permettait ainsi de surveiller et défendre cette position envers tout danger, qu’il vienne du large côté Nord (vers les Triagoz) ou bien de la baie de Toul-Enez entre le Dourlin et l’île Canton (appelée Agathon ou Aganton), côté Sud-Ouest. Ce bunker a été comblé depuis, je ne sais pas quand exactement, mais je me souviens qu’enfant (dans les années 1965-1970), nous pouvions encore y jouer et descendre à l’intérieur. En voici quelques photos prises en 2011 sous différents angles.

Ile-Grande - Pointe de Toul-ar-Staon
Arrivée pédestre sur la pointe de Toul-ar-Staon. Le bunker est à droite en
haut des rochers à la limite de l’herbe. Au fond on aperçoit les ruines de la
maison des goémoniers devant l’île Canton.

Ile-Grande - Bunker à Toul-ar-Staon
Le bunker avec la baie de Toul-Enez derrière et l’île Canton.

Ile-Grande - Bunker à Toul-ar-Staon
Le bunker de Toul-ar-Staon avec l’île Milliau au fond et l’île Canton.

Ile-Grande - Bunker à Toul-ar-Staon avec LPO
Le bunker de Toul-ar-Staon avec Kastel Erec et la Station LPO derrière.

Ile-Grande - Bunker à Toul-ar-Staon avec Baie de Toul Enez
Le Tobrouk de mitrailleuse devant la Baie de Toul Enez

Ce qui est saisissant à cet endroit de la Pointe de Toul-ar-Staon c’est le contraste entre, côté Sud, le calme de la Baie de Toul-Enez située entre la plage du Dourlin et l’île Canton (on dirait un lagon) ; et côté Nord la vue sur le large avec une mer presque toujours en mouvement, et même plutôt agitée dès qu’il y a un peu de vent :

 Ile-Grande - Baie de Toul Enez
Baie de Toul Enez vue depuis la cassure de
Toul-ar-Staon avec l’île Canton de l’autre côté.

Ile-Grande - Toul-ar-Staon vers les Triagoz
Vue vers le large et les Triagoz depuis Toul-ar-Staon.

Pour finir ce petit article historique sur l’Ile-Grande pendant l’occupation notons qu’il y avait également un canon de 47, un second bunker sur la pointe Nord-Ouest de l’île, et que les allemands avaient également construit un faux terrain d’aviation accueillant des maquettes d’avions en bois sur lesquels la Luftwaffe venait s’entraîner au bombardement. Plus surprenant encore : l’île Brûlée (île Losquet aujourd’hui, située vers l’Ouest derrière l’île Canton) aurait été utilisée comme leurre de défense en étant déguisée en bâtiment de guerre !

A cette même époque de l’occupation allemande de l’Ile-Grande il y avait à la pointe Sud de Toul-ar-Staon - la Roued de Toul-Enez - de nombreux déchets de granite des carrières et de galets accumulés. Ceux-ci ont été largement utilisés pour réaliser les fondations de la piste de l’aérodrome de Servel (près de Lannion). On peut même dire trop utilisés car la passe vers le large a été considérablement agrandie à cause de cela ; au point qu’il fut ensuite nécessaire d’enrocher la rive devant le Dourlin (camping municipal actuel) avec des blocs de granite provenant de l’île Canton (granite type Agathon) pour éviter que la mer ne l’envahisse. Ceci explique la présence des gros blocs de granite en haut de la plage de Toul-Enez. Coup de chance : le cordon littoral se reconstitue naturellement. Merci Mère Nature de réparer (une fois de plus) les bêtises humaines…

Comme heureusement les pires choses ont parfois une fin, l’occupation de l’Ile-Grande s’est terminée le 4 août, date à laquelle la garnison d’une trentaine d’hommes s’est repliée vers Trébeurden (source).

 

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